Marsatac 2009 - Report

Réveil sans gueule de bois pour Marsatac (24, 25 et 26 septembre) qui émerge d’une 11ème édition heureuse. Orga impeccable, cool sécu, déco et scéno soignée… Malgré des tarifs picole prohibitifs, le dernier des festivals de l’été se porte plutôt bien. Et côté artistique, le millésime 09 n’a rien à envier à ses confrères hexagonaux. A l’image des prestigieuses Transmusicales de Rennes dont il semble décidément s’inspirer, l’événement a offert une prog’ pointue et généreuse.
La soirée du jeudi, menée d’une main de maître par l’Iggy Pop oranais aka Rachid Taha, a vu défiler les shows des libanais du Mix up Beyrouth, Y.A.S. que rien décidément ne sauvera si ce n’est sa combi moulante et la transe de Speed Caravan. Le grand moment de la soirée ? La reprise de “Rock El Casbah” par Taha, accompagné pour l’occasion de l’ancien guitariste des Clash Mick Jones et du paria Orelsan. “Douce France”, “Sale pute” même combat ?
Vendredi soir. Impasse sur le set un peu trop scolaire d’Aftershock et le show indigeste de Molecule. Le groove rétro de General Elektriks chauffe à blanc la scène Pharo avant de laisser la salle entre les mains expertes de l’orfèvre Dj Krush “Sensei”. Alors que les Franz Ferdinand et les béninois de Poly Rythmo concluent un concert sympa mais bordélique, Raekwon prend place sur la scène Major. Ce soir-là, The Chef semblait plus pressé de rejoindre son Tourbus que d’assurer un set honnête. Flow inconstant, prods molles… Personne ne demandait au Mc de Staten Island une prestation digne du early Wu Tang mais de là à torcher chaque morceau comme un mauvais flasche de Yak… Keep it Wu homie ! En fait la meilleure pioche de la nuit fut le set rap-indus d’Oddateee. En moins d’une heure de punchlines anxiogènes, le pote de dälek a transporté une poignée de chanceux aficionados au cœur d’une joint party dans un building abandonné à N.Y. Merci.
La soirée de clôture s’ouvre sur le concert hypnotique du trompettiste Nils, suivi des anglais de Battant. Le temps d’un show, le trio emmené à la voix par la très magnétique Chloé Raunet distille un set disco-punk bien huilé et spontané. Une belle signature Kill the Dj. Après avoir évité Archive et fui Au revoir Simone, place à l’action avec l’insolent quintet d’Art Brut sur la scène Major. Energie Pop-Punk, textes débiles scandés sur accent cockney, sing-along entrainants … Irrésistible, la sauce anglaise prend sous le chapiteau. Suivront les concerts d’Etienne de Crécy, Felix Da Housecat et South Central tandis que la scène Pharo s’enfonce dans le tunnel techno et house de Radio Slave et Jack de Marseille… Chez Clark, le rendez-vous est pris l’année prochaine pour la 12ème Marsatac fin septembre 2010.
Texte et photos : Théophile Pillault
www.marsatac.com
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